Au moment où les places du centre du bourg vont être entièrement rénovées, il nous est apparu intéressant de faire quelques recherches sur les origines des rues et places de Neuvic et les modifications qu'elles ont connu aux cours des siècles.
La fondation de Neuvic, à l'origine Novo Vicus, remonte aux Xe ou XIe siècle. La construction la plus ancienne du bourg est sans aucun doute l'ÉGLISE, bien évidemment l'édifice que nous connaissons de nos jours, a été remanié à plusieurs reprises aux cours des siècles, mais nous pouvons considérer que l'emplacement qu'il occupe était à quelques mètres prés de celui de l'édifice primitif. C'est donc autour de l'Église qu'au fil des siècles, depuis presque mille ans, s'est constitué le bourg. Cette appellation usitée par les Neuvicois, traduit bien la situation de Neuvic : une vaste commune éclaté entre plusieurs villages et le bourg avec l'Eglise et les maisons groupées autour. La première archive sérieuse que nous avons pour connaître l'importance du bourg est le cadastre de 1839, à cette époque on y dénombre en gros une cinquantaine de maisons aux abords de l'ÉGLISE. On s'imaginera mieux ce qu'était le bourg à cette époque avec cet arrêté pris par le maire le 20 novembre 1836, sur la propreté des rues et places de Neuvic "Chacun est obligé de balayer au moins une fois par semaine devant sa porte. Il est également défendu de déposer dans les rues, les places et notamment autour de l'ÉGLISE, des bois, matériaux et autres objets. Il est interdit les dimanches et fêtes de promener les cochons sur le bourg, les autres jours de la semaine, on pourra les y promener, mais à charge de les suivre afin d'éviter qu'ils dégradent les places et mutilent les arbres." Neuvic était à cette époque resté a peu près ce qu'il était au moment de la révolution, un bourg rural, entouré des métairies du château, le seul changement était que quelques- unes avaient changé de propriétaire.
Pour vous aider à vous faire une idée de ce qu'était Neuvic en 1834, nous avons reproduit ci dessous, la section du plan cadastral représentant le bourg, nous y avons mentionné le nom des rues d'aujourd'hui, et d'autre part quand nous citerons un immeuble nous lui donnerons le numéro qu'il porte sur ce plan.
D'un simple coup d'oeil, vous remarquerez que depuis cette époque, il y a eu quelques changements. Vous pouvez constater que ni la rue de Théorat, ni la rue de Planèze existaient, par contre, la place du Chapdal, la place Eugène Le Roy et la place de l'ÉGLISE étaient déjà là. La place du Chapdal était vraisemblablement la plus ancienne de Neuvic, c'était l'endroit où se tenaient les foires qui avaient lieu cinq fois par an, le vendredi après les Rois, le vendredi après pâques, le vendredi après la pentecôte, le vendredi après la saint Roch et le vendredi de la saint Martin.
En ce qui concerne la place Eugène Le Roy, qui se dénommait primitivement place de l'ÉGLISE, elle est beaucoup plus récente. Car il faut savoir que depuis les origines de Neuvic et jusque vers la fin du XVIIe siècle, le cimetière s'étendait devant l'ÉGLISE et allait au-delà de la rue du Dr Léger et de la rue de la Font-Saint-Pey à l'ouest, au sud de toutes les maisons qui bordent la place Eugène-Le-Roy ont été en partie construites sur l'ancien cimetière, vers le milieu du XVIIIe. Vous remarquerez que l'emplacement actuel de la Halle et de la place du marché est occupé par des bâtiments et des jardins. Une petite ruelle étroite, de 1.80m de large, longeant l'immeuble 1117 (boucherie Ventadou) relie la place Eugène-Le-Roy à la place du Chapdal et au-delà de Planèze, Puy-De-Pont, et tout les villages et les villes situés sur la rive droite de l'Isle par le bac de Planèze.
C'est le 20 décembre 1937 que le Conseil municipal décide la construction d'un immeuble abritant la Halle, la mairie et la justice de paix. Pour ceci il faut acheter les parcelles 1112, 1113, 1115 et 1116. Les parcelles 1110, 1111 et 1114 appartenaient à la commune, c'était le presbytère et ses dépendances. Ce presbytère avait abrité la mairie à la Révolution lors de la mise en place du premier Conseil municipal. Mais en 1801, au moment de la signature du concordat, il fallu rendre le presbytère au Curé et la mairie s'installa, en location, derrière l'ÉGLISE dans une petite maison (968). Les tractations avec les propriétaires des parcelles s'étant avérées difficiles, l'adjudication pour la construction de cet immeuble eu lieu le 28 juillet 1844. Il fut construit en partie sur l'emplacement de la ruelle et ainsi la route de Planèze prit l'emplacement que nous lui connaissons aujourd'hui avec dans la même période l'élargissement de la rue à la sortie de la place du Chapdal vers Planèze. La construction de cet édifice connu quelques vicissitudes, puisque le 7 août 1846, les entrepreneurs malgré plusieurs sommations, n'ont toujours pas terminé les travaux et le Conseil municipal décide de faire terminer le chantier en régie à leurs frais. Et c'est ainsi qu'en avril 1848 les sommes dues aux entrepreneurs pour ce chantier furent réduites de 800 francs.
L'ancien presbytère ne fut pas démoli, il était cependant très vétuste, c'est pourquoi en 1874, la commune fit l'acquisition du presbytère actuel. L'ancien ne fut démoli qu'en 1903 au moment de la construction du bâtiment du poids public et de la bascule. Mais ceci n'a été possible qu'avec l'ouverture de la rue de Théorat qui allait profondément modifier le bourg. C'est en 1855 que fut décidée la création de cette rue par l'acquisition et la démolition par la commune d'une partie de l'immeuble (988), c'est le seul immeuble qu'il faudra démolir pour créer cette rue, les autres terrains utilisés étant tous des terres agricoles jusqu'au carrefour de Théorat. Les négociations n'avaient pas été faciles avec le propriétaire de l'immeuble qui n'avait accepté d'en céder qu'une partie pour réaliser une rue de 6m de large, il s'était cependant engagé, auprès du service de la voirie du département, d'en céder une autre partie, si dans l'avenir il fallait procéder à un élargissement plus important. Ce qui pour le Conseil municipal devint une nécessité en 1936, mais voilà, les documents signés par le propriétaire ayant disparu dans l'incendie de la Préfecture en 1878 et comme il n'accepta aucune négociation, il fallut procéder à une expropriation et l'élargissement du bouchon qui existant à l'entrée de la rue de Théorat ne fut réalisé qu'en 1938, donnant à cette rue la physionomie que nous lui connaissons aujourd'hui. Cette artère nouvelle, reliant le bourg à la R.N.89, s'est rapidement bordée de constructions privées, mais également et surtout de bâtiments abritant des services municipaux et administratifs.
La mairie en 1904, l'école des frères en 1857, l'école des filles en 1891, l'école de garçons en 1898, la gendarmerie en 1860, la perception en 1932, le foyer municipal en 1934, l'hopital-hospice en 1885.
C'est en 1876 que débutèrent les travaux d'élargissement de la rue de la Gare, ils durèrent plus de six ans, tous les immeubles situés sur le côté droit en allant vers la Gare furent en partie démolis et les façades refaites, il en fut de même pour une partie de ceux situés du côté gauche. Seules les rues de la Providence, du Villageou et du DR Léger n'ont subit aucune retouche importante depuis leurs origines. La rue de la Charmille fut longtemps appelée la rue des Abattoirs, en effet deux bouchers avaient dans cette rue leur abattoir. Durant de nombreuses années, avant la pose des canalisations, les eaux usées provenant de ces abattoirs se déversaient naturellement sur la place du Chapdal, ce qui provoquait régulièrement les plaintes des habitants de la place auprès des services de la mairie.
En février 1897, ce sont les débitants de boissons qui se plaignaient auprès de la mairie "que les jours de frairie (Pâques et Saint-Martin), l'installation d'un théâtre forain place de l'ÉGLISE, leur cause un grand tort, tant par l'encombrement qui empêche la libre circulation des promeneurs, qu'en retenant ces jours là, jusqu'à une heure avancée de la nuit, les habitants de la commune, ils se plaignent également que le repos public soit troublé".
La construction de la mairie rue de Théorat, en 1904, libéra une partie du bâtiment de la place Eugène-Le-Roy, qui continua à abriter la Halle jusqu'en 1913, date à laquelle s'y installa la Poste. Le premier bureau de Poste était situé à Théorat, puis il vint ensuite rue de la Providence (974), au moment de sont transfert dans l'ancienne Halle, il logeait dans l'immeuble situé a l'angle de la rue de la Gare et de la place Eugène-Le-Roy (immeuble Billot). L'ouverture de la rue Talleyrand-Périgord en 1962 permis la construction des ateliers municipaux, ceux de l'Equipement, la création de la Crèche et le déplacement du centre Médico-Social qui était auparavant situé dans une construction en bois place de la mairie. C'est en 1965 que débutèrent sur cette nouvelle rue, les travaux de construction de la poste. Le bâtiment de la place Eugène-Le-Roy se trouvant libre, le Conseil municipal décida, en 1971, de le vendre et d'acquérir sur cette même place, la maison "Fayolle", où fut installé le Trésor-Public en 1992.
Depuis le début de ce siècle, c'est la place de la Halle qui a subit le plus de modifications. En 1913, à la suite de l'installation du bureau de Poste dans l'ancienne Halle, le Conseil municipal décida la construction d'une Halle métallique qui fut démontée en 1959 et la place fut mise au niveau du sol de la Halle. En 1967, le Conseil municipal prit la décision de ne pas réparer la bascule, mais le bâtiment des poids publics resta en place jusqu'en 1983 où il fut démoli en même temps que les immeubles (963, 964, 965) pour construire la nouvelle Halle, ce qui permit également l'élargissement de la rue du Majoral-Fournier.
La place Eugène-Le-Roy quant à elle n'a pas subit de profondes transformations. En 1875, lors de la construction du clocher, un différent opposa la municipalité à l'administration de la voirie qui bloqua le chantier au niveau des fondations, car cette construction empiétait sur le chemin à grande circulation n°58, la municipalité céda une partie de la place pour le passage de la route, ce qui explique de nos jours la courbe que prend la chaussée devant le porche de l'Eglise. Le 12 septembre 1920, le Conseil municipal décide l'édification d'un Monument aux Morts sur la place face à l'ÉGLISE. Les arbres qui étaient sur cette place, furent vendus et abattus, il s'agissait de tilleuls, d'acacias et d'un ormeau. L'inauguration du Monument aux Morts eu lieu le 16 octobre 1921 et une allée de tilleuls fut plantée entre le Monument et l'ÉGLISE de chaque côté de la place. En 1955, la place fut nivelée et goudronnée, auparavant le sol était en castine, et les tilleuls furent remplacés par les acacias qui était encore en place il y a quelques jours. Pour être complet sur l'histoire de nos places et de nos rues, c'est en 1920 que fut décidé la création de la rue du 8-mai-1945 et en 1978 le jardin du presbytère fut transformé en parking, c'est aujourd'hui la place du presbytère.
Depuis deux siècles, le bourg de Neuvic a subit de nombreuses modifications et transformations pour en faire une cité moderne, mais malgré tout, l'aspect de village qui en fait son charme et son originalité, a été préservé jusqu'à cette fin du deuxième millénaire. Les travaux qui ont débuté et qui seront terminés dans le courant du premier semestre de cette année vont changer notre bourg, l'embellir, le rendre plus agréable, mais soyez rassurés, il gardera toujours son atmosphère villageoise pour entrer dans le troisième millénaire.